Patrimoine historique

Les carrières

Les Personnalités

Les seigneuries


Accueil>>Patrimoine historique>>
Emile Salaun


Emile Salaun

... Émile Salaün fut recteur de la paroisse de l’Hôpital-Camfrout de 1927 à 1941. Son passage dans la commune a été marqué par l’achat du presbytère à la commune, l’installation de l’électricité à l’église, le rattachement en 1931 de plusieurs villages d’Irvillac et de Logonna-Daoulas à la paroisse de l’Hôpital et la construction de la salle de patronage en 1938.

Le maire Jean Kéromnès, le conseil municipal et l’association Saint Guénolé ont procédé à la cérémonie d’inauguration de la rue Émile SALAÜN en présence de Job Malléjac, conseiller général, du maire de Plouvien, M. Le Guen, et des représentants de la famille Salaün Madame Anne Marie Guiffant, nièce d’Émile Salaün, vient de découvrir la plaque, tandis que de nombreuses personnes ont assisté à la cérémonie Nécrologie extraite de la semaine religieuse de Quimper et de Léon en date du vendredi 02 février 1945.


M. Émile SALAÜN, recteur de Plouvien né en 1881 à Ploudalmézeau, Émile n'éprouva aucune hésitation à marcher sur les traces de ses deux frères aînés.
Après Pont-Croix et le grand séminaire de Quimper il fut à son tour, ordonné prêtre en 1906. Dévoué à l'apostolat scolaire, il enseigna ensuite à Concarneau puis à Pluguffan et devint directeur.
Mobilisé en 1914, il se retrouve combattant dans l'infanterie. A la bataille pour la reconquête du Vauquois, de glorieuse mémoire, il fut porté blessé et disparu ; légèrement blessé il avait été transporté en Allemagne, où il reçu l'annonce d'une citation à l'ordre du jour et de la Croix de guerre. Il rentra au titre de sanitaire et fut versé " au Bataillon des gaz ", le premier créé en France, comme infirmier.
Un essai de vie religieuse, chez les pères du Saint-Esprit n'ayant pas abouti en 1919, Émile revient dans le diocèse et reprend l'enseignement.
Nommé en 1927, recteur de l'Hôpital-Camfrout, où il semble qu'une tradition se soit établie en faveur de recteurs-musiciens, il fut cependant accueilli avec plaisir : le zèle d'Émile Salaün allait pouvoir s'exercer sur un terrain plus étendu. Il ne tarda pas à s'attirer les sympathies, nécessaires pour le succès de l'apostolat ; et lorsqu'en 1941 il fut transféré à Plouvien, les regrets des Camfroutois surent se manifester.
A Plouvien, tout d'abord il s'occupa du chant et des offices. Il développa la chorale, en quantité et en qualité, et il organisa le chant de la messe, auquel il tenait essentiellement. Il prépara des vocations sacerdotales et religieuses ; c'était un plaisir de voir les enfants courir à sa rencontre dès qu'ils le voyaient. Il connaissait les besoins, les intérêts, les chagrins, les coutume de " son peuple ", si bien qu'on s'étonnait qu'en peu de temps Il ait pu entrer si profondément dans la science du milieu familial et rural confié à ses soins.
Il n'hésitait pas à parler fort, quand il le fallait, et à porter le reproche à domicile ; il allait droit son chemin, et les responsabilités ne l'effrayaient pas, quelles qu'elles fussent. Son presbytère fut le refuge de nombreux " repliés " que sa charité délicate se plaisait à soutenir et à guider.
Il savait ouvrir largement son cœur et sa main ; tout Plouvien l'aimait. Pendant l'occupation il n'accepta pas l'humiliation et le chagrin de faire taire ses cloches ; il obtint d'abord de les garder ; il sauva leurs sonneries. Elles furent supprimées. Il protesta vivement au cours d'une réunion où les curés et recteurs du rayon furent convoqués par un officier supérieur allemand. Et peu après, il obtint du commandant de Plouvien de rétablir l'usage ancien.
Il en fut heureux et fier. Les derniers jours de l'occupation virent affluer à Plouvien un très grand nombre de brestois; bientôt suivis mais en passant par une troupe américaine; lorsque les allemands eurent évacué, à peine, leurs cantonnements. Ce fut une joie débordante.

Mais le 6 août l'ennemi revint, furieux, sauvage. Il incendia des fermes, assassina 36 personnes de 2 à 80 ans dont plusieurs, jetées vivantes dans le feu. La bataille fit rage autour du presbytère : allemands et américains de l'un et de l'autre côté. M. Salaün sortit pour se rendre compte de l'état de l'église Visée par les projectiles.
Il monta dans le clocher, lorgnette en main, sans doute pour apprécier les dégâts commis chez ses paroissiens. Comme il rentrait un felwebel lui cria " Terroriste " et lui tira trois coups de revolver : il tomba entre l'église et le presbytère, mortellement blessé à la tête, à la jambe et à la poitrine.
Son corps resta sur place jusqu'à la victoire américaine. Alors le vicaire M. Floc'h, avec Mlle Salaün, la soeur dévouée du pauvre recteur, qui avaient été bloqués dans le presbytère pendant la bataille, le relevèrent et préparèrent sa sépulture. Jusqu'au dernier instant M. Salaün avait veillé sur sa paroisse et sur son église : il est mort en faisant le service de Dieu, dans sa simplicité.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Remonter