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Les fours à pains

"An Ti Fourn"
("La maison du four à pain")

Manoir de Kéroullé

 

... Au début du siècle, beaucoup de fermes à la campagne fabriquaient encore leur pain : pratiquement chaque foyer possédait son four. Dans les années 30, ils n'étaient plus que quelques unités …

Mais dès le début de l'occupation allemande, le pain "noir" fît son apparition, rationnée de surcroît … Le paysan, producteur et détenteur de la matière première, n’accepta pas d'être nourri ainsi .... Les fours, qui avaient échappé à la destruction, reprirent du service après une remise en état … la campagne retrouva son pain blanc, grâce, à la complicité du meunier qui, clandestinement, lui fabriquait de la farine blanche.

Cet état de fait dura jusqu'aux années 50, où le consommateur reprit le chemin de la boulangerie. Les fours ne servirent plus qu’une fois l'an, pour la fabrication des pastès, ce gâteau que l'on dégustait à l'occasion des Gras, des réjouissances qui précédaient le jeûne du Carême.

Mais revenons à l'époque où le fermier fabriquait son pain. D'une façon générale, chaque ferme avait son "Ti Fourn", une bâtisse spécialement réservée et équipée à cet effet. On y trouvait : le four évidemment que l'on chauffait au feu de bois, une armoire ou placard où l'on stockait tous les ingrédients nécessaires : une table avec coffre en forme de pétrin, un couvercle pour fermer l'ensemble pendant la fermentation de la pâte, sans oublier tous les autres accessoires. Les exploitations moins argentées avaient leur four au pignon de la maison avec accès à l'intérieur de celle-ci, d'autres dans la grange ou la crèche.

Marguerite Le Guen


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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