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carrières
Les carrières
Généralités :
La
pierre granitique de Kersanton¹, très recherchée
jusquen 1945, a fait vivre plusieurs centaines douvriers
de la commune ou des localités environnantes. Au nombre de
quatre, les carrières ont fourni la pierre pour de nombreux
phares de la région, pour des églises et pour des
bassins des ports de Brest et du Havre.
Après
la première guerre mondiale, elle servit également
à la construction de monuments commémoratifs ou d'édifices
divers².
Le
transport se faisait par mer ou par rail. Tantôt des charrettes
transportaient la pierre, jusquà la gare de Daoulas,
tantôt des bateaux remontaient le Camfrout à marée
haute et venaient charger la "marchandise" aux abords
de la cale Jeanne dArc.
¹ La Kersantite nest en réalité pas un
granit, car dépourvue de quartz mais un lamprophyre riche
en biotite (mica noir) qui lui confère sa teinte noire si
caractéristique. Cest la seule roche au monde dont
le nom dérive dun toponyme breton.
²
Tel le calvaire des bretons de Bizerte.
Les carrières dextraction de lhôpital-Camfrout
: Huit siècles dutilisation de la kersantite Six carrières
importantes, dont trois côte à côte à
moins de 600 mètres du centre bourg au lieu dit Rhun-Vraz,
une multitude de «trous ». Exploitées épisodiquement,
elles ont été intégrées au territoire
communal de LHôpital-Camfrout lors de la refonte des
limites administratives de 1946.

Historique :
Les carrières de LHôpital-Logonna ont fourni
,avec celles de la pointe du château à Logonna de Rosmellec
à Daoulas et de Kersanton à Loperhet ,du XIV ème
siècle jusquaù milieu du XX ème siècle
une part non négligeable de la matière duvre
de la statuaire bretonne. Les premières utilisations conséquentes
remontent à louverture du chantier de labbaye
de Daoulas, au XII ème siècle (1167-1179). Lutilisation
de la kersantite dans larchitecture religieuse et lart
sacré de la Bretagne prend son essor au XIV ème siècle
avec louverture du chantier ducal (Jean V/François
I) de la collégiale du Folgoët. Lapogée
de son emploi dans ce registre se situe aux XV ème et XVI
ème siècles. La kersantite constitue vers cette époque
la pierre de prédilection des plus célèbres
ateliers de sculpture de la région (ceux de Roland Doré
et Julien Ozanne par exemple).
Lextraction
et la taille se poursuivent aux siècles suivants (XVII et
XVIII ème) en fonction des commandes. Les travaux de restauration
constituent lessentiel des commandes.
Au
cours de la seconde moitié du XIX ème siècle
et de la première moitié du XX ème siècle
la demande en kersantite pour les ouvrages dart (viaduc, phares,
tunnels ferroviaires) et pour la maçonnerie entraîne
une reprise de lutilisation et par voie de conséquence
de lextraction. Les commandes de monuments aux morts et de
monuments funéraires par les communes et les particuliers,
entre les deux guerres permettent de maintenir lactivité.

Le
fonctionnement :
De
type artisanal, identique à quelques variantes près
dune carrière à lautre. Une zone dactivité
polarisée sur trois espaces :
-Le «trou », zone dextraction dune profondeur
variable allant de 5 à10m, mais pouvant atteindre 25 à
30m.
-Le chantier de taille, où les opérations sont essentiellement
manuelles.
-Les quais dembarquement, à un ou deux niveaux pour
tenir compte des hauteurs deau.

L'environnement
social :
Au
début du siècle, la main-duvre employée
sur les principaux sites est évaluée à quelques
centaines de personnes (trois , quatre cents, en fonction de la
demande, de la saison). Chaque carrière emploie de vingt
à trente personnes en permanence, lune dentre
elles a même pu compter jusquà deux cent cinquante
employés.
Par la suite, les chiffres plafonnent à un niveau nettement
plus modeste, quelques unités, juste avant la fermeture des
principaux sites dans les années 40/50.
Les
chiffres de la population de LHôpital-Camfrout semblent
suivre dassez près les fluctuations de lactivité
des carrières.
Le travail est pénible, exposition aux intempéries,
nombreux accidents (écrasements, éclats de pierres,
fractures, maladies pulmonaires), mal rémunéré
(rémunération à la tâche ou à
la journée). Un mouvement syndical se met en place de manière
éphémère de 1898 à 1903. Il aboutit
à deux grèves axées sur des revendications
horaires et salariales.
Le salaire, un des plus bas de la profession, oblige louvrier
des carrières à recourir au crédit permanent
dans les commerces du bourg et, bien souvent, à exercer une
autre profession dans les périodes de creux (recours à
la pêche ou à lagriculture).
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La
gestion des carrières :
Il
sagit dune gestion en direct par le propriétaire-exploitant
ou parfois par un contre-maître représentant le propriétaire,
souvent entrepreneur de T.P. ; ou de maçonnerie résidant
en ville.
Carrière
OMNES
La plus à lEst du site des carrières, elle a
connu de nombreux problèmes dinfiltration deau,
rachetée par des marbriers dans sa dernière phase
dexploitation, elle ferme définitivement en 1946.
Carrière
DERRIEN
Propriétaire actuel M. SANQUER, elle est exploitée
jusquen 1880 par M. Raguet, entrepreneur de T.P. à
Brest. Elle est achetée par M. DERRIEN qui lexploite
avec laide de ses deux fils. Elle compte 19 ouvriers en 1893,
27 en 1893, 35 en 1914. Elle dispose dune grue mécanique
pour lextraction des blocs, de Wagonnet pour leur déplacement
dune forge pour lentretien des outils et dun quai
dembarquement pour lacheminement des pierres par voie
deau. Fermée en 1960, elle est rachetée par
M. SANQUER en 1974, celui-ci avec laide de son fils sefforce
de la moderniser et dy maintenir une activité basée
sur la taille des cheminées et linteaux pour la construction.
Elle cesse toute activité en 1984.
Carrière
CORRE
Du nom de son propriétaire, elle sera gérée
pendant longtemps par des contre-maîtres. Le nombre demployés
se chiffre à 25 au plus fort de son activité Lextraction
des pierres se fait par wagonnets tirés par des treuils.
Elle dispose dune forge, de bureaux dadministration
et de quai dembarquement. En 1946, trois ans avant sa fermeture
définitive, elle produit cinq cent tonnes de pierres par
an.
Carrières
LABOUS
Date de démarrage de lextraction des pierres sur ce
site, dès le XVII ème siècle (on y a retrouvé
des coins métalliques datés de 1620) ? Elle est achetée
par Mr LABOUS en 1905, elle compte 12 ouvriers de 1918 à
1939. Après 1941, commence une période de déclin
qui sachève par larrêt définitif
de lexploitation en 1956.
Carrière
de GERVADEN
Elle fut lune des plus importantes par le nombre de ses employés
au début du XX ème siècle. (250 personnes,
dont 50 femmes, fait assez rare.) Elle est propriété
dun entrepreneur de T.P. de BREST, elle est gérée
par un contre-maître jusquen 1926. Elle utilise la force
dune machine à vapeur pour le fonctionnement dun
portique et d'un palan utilisés pour lextraction et
le transport. Le chantier de taille se situe ici directement sur
le «trou ».